“Libres ! le film : Libres d’inventer un autre monde.”
C'est un cinéaste simple mais passionné qui se présente aux spectateurs dans la salle de cinéma. Il fait la présentation du film:
A sa deuxième visite sur le site de Fukushima, c'est un triste spectacle de chaos et d'irréversibilité qui s'offre à lui. Après avoir tourné Tous cobayes !, un film sur les OGM et le nucléaire qui ont un point commun ils ont été imposés de façon anti-démocratique, Jean-Paul JAUD se trouve en campagne pour présenter son film quand il rencontre un ami qui tient la ferme bio de la Gravelle à Mortagne-sur-Gironde et qui organise chaque été un stage Musique et Nature. Il l'invite à découvrir son site sur le bord de la Gironde dédié à l'alimentation bio, à l'énergie durable, à l'éducation écolo des enfants qui se trouve à quelques encablures de la centrale nucléaire de Blaye qui n'existait pas dans son enfance !
La question lui vient très vite: "mais où est la liberté de ces enfants là ???"
Le film commence sur l'arrivée des enfants à la ferme de la Gravelle où se succèdent cours de musique, session ludique de découverte des énergies naturelles et de sensibilisation à la dangerosité du nucléaire et la nécessité de l'économie, découverte de l'éco-système des bords de Gironde, feux de camp sur la plage et chants accompagnés à la guitare. La joie d'enfants encore "libres" mais sous la terrible menace d'un accident nucléaire toujours possible, oui ! lors de la tempête Martin de fin décembre 1999, l’explosion d'un réacteur de la centrale du Blayais a été évité de justesse suite à l'inondation des installations de sécurité.
La musique est très présente dans le film, je parlerais volontiers de musicalité de l'image, et c'est le piano qui fait la transition vers le Japon. Après l'entrée en zone irradiée, les rues de Futuba Town (20km de la centrale) sont vides de vie, les locaux désertés, un triste spectacle de chaos. Tous ont abandonné leur vélo, leur affaires pour fuir cet ennemi invisible. l'image en travelling-avant dans le couloir du collège d'Okata jonché des papiers qui volent au vent des fenêtres brisées nous mène dans une salle où se trouve seul un piano. Dans le gymnase au sol effondré on lit encore "félicitations - remise des diplômes" au dessus de la scène.
C'est un homme âgé qui discute et questionne le jeune Hiroto, il lui avoue la responsabilité de, nous, les adultes et s'excuse de laisser la terre en si mauvais état. Hiroto parle de ce qu'il a vécu. Lui et la jeune Nagomi vivent loin de leur pays natal. Avec une infinie tristesse, ils regrettent ces été passés avec leurs amis en toute liberté, dans cette nature devenue hostile. Il reste à ces enfants exilés, le ciel azur, la musique et la poésie pour survivre à la folie d'adultes qui ont hypothéqué leur avenir. Un vieil homme vit sur place avec son fils de 56 ans, il a récupéré les chiens encore attachés pour les nourrir ainsi que les vaches. Ils vivent dans un univers 18 à 49 fois plus radioactif que la limite autorisée en France. On y découvre l'interview du premier ministre Japonnais de l'époque, Naoto Kan. Elle se passe notamment un jour de pluie. C'est le reporter Hervé Kempf qui se rend sur place - Hervé Kempf, journaliste parti du journal "Le Monde" après avoir été censuré, à l'origine du site reporterre.net
Samsø, Danemark, une île où vivent insoucieux Emanuel, Niklas, Noah, Sofus et Victoria car il vivent sur "l'île de l'énergie". Les 4300 habitants ont refusé en 1985 l'énergie fossile et ne se servent que des énergies naturelles comme le dit Søren Hermansen, 53 ans à l'origine du projet et à la tête de l'Académie de l'Energie sur l'île. Éoliennes, panneaux solaires, biomasse, production d'eau chaude centralisée, ce qui rend l'île autonome en énergie, voire excédentaire. "L'énergie est un bien commun, il faut se le réapproprier" ajoute-t-il
Le film / documentaire se continue avec une succession de parallèles très bien orchestrés entre les 3 lieux, les différents destins de ces enfants
La chanson des cowboys fringants "plus rien" brillament interprétée par la jeune Lynntheia finit le film sur une touche d'émotion.
Autour du buffet offert par Europe Écologie les verts, le débat et les questions fusent.
Jean-Paul JAUD dit bien "je suis un cinéaste engagé mais pas un journaliste d'investigation, mais toute une équipe travaille avec moi et toutes les informations sont vérifiées"
Vous l'avez entendu de la bouche de Søren Hermansen, l'énergie est un bien commun qu'il faut se réapproprier. Nous avons tous un rôle à jouer donc arrêtez de donner votre argent à EDF, mais choisissez Enercoop qui distribue de l'électricité provenant de sources d'énergie renouvelables.
A noter: Enerccop s'installe en Normandie http://www.enercoop-normandie.fr/
Savez-vous que le ex-premier ministre japonnais Naoto Kan est venu en France fin février pour donner une conférence ? non ! en effet Green Cross Suisse, qui a organisé la venue de M. Kan en France, en Allemagne et en Grande-Bretagne a invité tous les médias à venir couvrir l’événement. Pas un seul journaliste de grand média n'est venu, seul 3 journalistes indépendants. Le lobbying nucléaire muselle les médias pour cacher la vérité.
Henry Kissinger, secrétaire d'état dans l'administration Nixon aux USA, avait dit "si tu veux contrôler le monde, il te faut contrôler les médias et l'énergie"
Le film n'a pas été produit avec l'appui de Arte ? non, seul Canal+ a produit le film et il faut savoir que le film a été terminé grâce au financement participatif de plus de 2000 personnes dont les noms sont dans le générique de fin.
J'ai été étonnée de voir dans le film que le vieil homme achetait son eau au Japon ? oui, les limites autorisées de radioactivités ont été augmentées pour le site de Fukushima ce qui fait que de nombreuses personnes ne sont pas indemnisées, et l'eau non radioactive doit être achetée
La France est elle autonome ? Peut elle passer à l'énergie propre ? non pas maintenant,mais petit à petit. La France n'est déjà pas autonome sur le plan énergétique, elle achète notamment à l'Espagne de l'électricité d'origine éolienne beaucoup moins chère que ce que coûte le nucléaire.
Les Allemands ont arrêté le nucléaire pour revenir au charbon, c'est pas mieux ? détrompez vous, l'exemple allemand est bon. Dire non et enclencher le processus c'est ce qu'il faut faire. Mais attention, car en Allemagne Siemens veut mettre la main sur l'éolien.
Nous n'avons plus le choix maintenant, commençons par des solutions locales
Edouard CHAULET - Maire de Barjac - s'adressant à la population et aux parents en réunion dans sa commune : "- ...le coût de la santé, ça n'a pas de prix ; surtout ne faites pas passer les comptables d'abord, faites passer votre conscience en premier ....
Le commandant Cousteau a dit après l'année qu'il a passé à présenter son film "Le Monde Du Silence": "Je viens de découvrir le rôle fondamental du cinéma pour l'environnement"
Søren Hermansen "rendez-nous l'énergies et nous serons plus libres !"
L'Energie est au mains de terroristes, d'oligarchie.. est intimement liée à la notion de liberté d'où le titre du film LIBRE !
